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Tentative de vol au musée du Quai Branly : l’activiste congolais condamné à 1 000 euros d’amende

Le militant congolais Emery Mwazulu Diyabanza a été condamné mercredi à 1 000 euros d’amende pour avoir tenté de s’emparer en juin dernier d’un poteau funéraire d’origine tchadienne au musée du Quai Branly – Jacques-Chirac. Par ce « geste politique », l’activiste voulait dénoncer le « pillage » culturel de l’Afrique.

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné le militant congolais Emery Mwazulu Diyabanza, condamné mercredi 14 octobre à 1 000 euros d’amende pour avoir tenté de s’emparer en juin dernier au musée du Quai Branly – Jacques-Chirac d’un poteau funéraire d’origine tchadienne pour dénoncer le « pillage » culturel de l’Afrique.

Initialement poursuivi pour « tentative de vol », il a finalement été condamné par le tribunal correctionnel de Paris pour « vol aggravé ». Les autres militants jugés avec lui ont été condamnés à des peines d’amende avec sursis allant de 250 à 1 000 euros.

L’activiste congolais a annoncé qu’il allait faire appel. Les avocats des militants panafricains, Me Calvin job et Me Hakim Chergui, ont estimé « décevante » la décision du tribunal.

« Un simulacre de vol et pas une tentative de vol »

« Alors même que toutes les parties au procès avaient relevé l’absence d’intention réelle de voler la statuette, cette décision revient à traiter en vulgaires resquilleurs des militants d’une cause politique et, de la sorte, à confondre un simulacre de vol et une tentative de vol », ont déploré les avocats.

Pour eux, ce jugement « répond à la violence de l’occultation de l’Histoire coloniale par le refus assumé de regarder en face le caractère politique d’une action indubitablement militante ».

« En ce sens, déni sur déni, à la cécité politique vient s’adjoindre, fidèle au continuum colonial, la cécité judiciaire », ont souligné Me Job et Me Chergui.

Membres de l’association panafricaine Unité dignité courage, ces cinq militants s’étaient emparés le 12 juin dernier d’un poteau funéraire Sara (Tchad) du XIXe siècle en l’arrachant de son socle au musée du Quai Branly. Emery Mwazulu Diyabanza avait pris l’objet dans ses bras en criant : « On le ramène à la maison. »

« Nous continuerons le combat »

Reconnaissant le caractère « militant » de cette action, le président du tribunal a expliqué mercredi en rendant son jugement que ce mode opératoire devait être « découragé ». « Vous disposez d’autres moyens pour attirer l’attention de la classe politique et du public » sur la question des restitutions des œuvres africaines, a-t-il ajouté. Le parquet avait requis à l’audience 1 000 euros d’amende contre l’activiste.

« La légitimité d’aller chercher ce qui nous appartient ne revient pas aux juges d’un gouvernement prévaricateur », a commenté Emery Mwazulu Diyabanza en sortant de la salle d’audience. « Nous continuerons le combat avec tous les moyens dont nous disposons. Nous ne sommes pas dissuadés », a-t-il prévenu.

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Le militant congolais n’en a pas fini avec la justice. Quelques semaines après le coup d’éclat du musée du Quai Branly, il s’était emparé d’un objet en ivoire au Musée d’arts africains, océaniens, amérindiens de Marseille puis avait tenté d’emporter une sculpture du Congo à l’Afrika Museum de Berg en Dal aux Pays-Bas. Il doit être jugé à Marseille le 17 novembre prochain et en janvier aux Pays-Bas pour ces actions.

Un rapport des universitaires Bénédicte Savoy et Felwine Sarr, remis au gouvernement en novembre 2018, appelait à de vastes restitutions des objets arrivés en France pendant l’époque coloniale.

Aujourd’hui, seul un sabre a été rétrocédé au Sénégal et 26 objets le seront d’ici un an au Bénin.

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