Russie : Venue pour la Coupe du monde et ne sont jamais repartis

Ils disaient venir en Russie par amour du football mais n’ont jamais voulu quitter Moscou une fois la compétition achevée. 5 000 étrangers, sur les 650 000 visiteurs fans de sport venus assister à la Coupe du monde en juin 2018,  en Russie grâce à un passeport de supporter, sont restés illégalement dans le pays. Malgré leurs  expulsion , ils rêvent de retourner en Russie, au terme des cinq ans d’excile  auxquels ils vont devoir se conformer.

La Russie avait permis aux amateurs de football d’entrer en Russie sans visa, grâce à la procédure simplifiée du passeport de supporter. En outre, elle avait accordé aux voyageurs la possibilité de prolonger leur séjour jusqu’à la fin de l’année 2018. Les clandestins ne sont pas détenus dans une prison mais le centre s’avère tout de même extrêmement sécurisé, doté de deux lignes de fils barbelés d’une hauteur de six mètres, d’un portail massif, de cameras de sécurité et de barreaux aux fenêtres.

Parmi eux, Akintomide Olabode Tounda, 30 ans, a étudié la médecine au Nigéria mais n’a jamais travaillé comme médecin, il a vécu jusqu’ici de petits boulots. Le jeune homme dit aimer la Russie depuis longtemps et avoir toujours rêvé de s’y rendre. Grâce à la Coupe du monde, il a pu entrer en Russie sans visa.Il savait qu’il devait quitter la Russie après la Coupe du monde, mais ses colocataires ont alors appris que Vladimir Poutine avait prolongé l’entrée sans visa jusqu’à la fin de l’année. Pourquoi n’a-t-il pas quitté la Russie à temps ? Tounda a répondu qu’il avait des difficultés financières et qu’il ne pouvait plus acheter de billets pour rentrer chez lui.

Le Nigérian Agu Shedrack Chinvend, lui aussi détenu au centre, n’a que 25 ans. Cet étudiant en relation internationales rêvait de se rendre en Russie : son frère lui a avancé les frais. Très heureux de discuter avec des habitants ou des touristes, il dit avoir passé en Russie un des meilleurs moments de son existence. Décidant de profiter du temps imparti jusqu’en décembre, il n’a toutefois pas pu trouver de travail.

Le troisième homme rencontré par les équipes de RT est un ancien professeur érythréen de 55 ans, du nom de Sali Ahmed Mohammed Moussa. Son cas est différent puisqu’il a essayé d’obtenir l’asile politique en Russie. Les Erythréens sont astreints dans leur pays à une conscription forcée. Ceux qui tentent de quitter le pays peuvent être abattus par les garde-frontières. Pendant la guerre, Sali Ahmed Mohammed Moussa a réussi à fuir au Soudan, où il survivait uniquement grâce à l’aide humanitaire.

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