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Présidentielle américaine : « Donald Trump a besoin de coups d’éclats avant le 3 novembre »

Selon le média américain Bloomberg, Donald Trump a chargé l’un de ses proches de négocier secrètement le départ de Nicolas Maduro. Une tentative supplémentaire du président américain de faire reluire son bilan diplomatique et faire basculer l’élection.

Donald Trump a négocié en secret avec Nicolas Maduro pour un départ pacifique du pouvoir. C’est ce qu’a affirmé la chaîne américaine Bloomberg, mercredi 21 octobre. Citant des sources au fait des négociations, Bloomberg explique que Donald Trump a envoyé Richard Grenell, l’ancien ambassadeur en Allemagne et ancien directeur par interim du renseignement, rencontrer Jorge Rodriguez, un ancien vice-président du Venezuela proche de Maduro, le 16 septembre dernier, à Mexico City.

Le gouvernement américain aurait tenté de négocier un départ pacifique du dirigeant vénézuélien, dont la réélection en 2018 est considéré comme frauduleuse par de nombreux pays. Cependant, les négociations n’ont rien donné, selon ces mêmes sources.

Les États-Unis veulent garder un canal ouvert

Plusieurs spécialistes interrogés par France 24 estiment que le président américain saisit l’occasion d’obtenir une nouvelle victoire diplomatique en provoquant le départ du dirigeant chaviste et ce, afin de se relancer dans la course à la présidentielle, en Floride notamment, « swing state » où il doit s’assurer le vote de la minorité hispanique.

 

« Pour Donald Trump, il est important de s’assurer le vote vénézuélo-américain car cela pourrait faire la différence en Floride », explique à France 24 Mariano de Alba, juriste vénézuélien spécialisé en relations internationales, basé à Washington. Pour provoquer cette mobilisation, « il compare aussi Joe Biden et son programme au socialisme que les Vénézuéliens ont fui. Il peut également se prévaloir de l’importante pression diplomatique et économique que son gouvernement a exercée contre Nicolas Maduro tout au long de son mandat. »

Cependant, Jean-Jacques Kourliandsky, directeur de l’Observatoire de l’Amérique latine de la fondation Jean-Jaurès et chercheur associé à l’Iris, interrogé par France 24, prévient que cette tactique de rapprochement peut être à double tranchant : « Les Vénézuéliens et les Cubains de Floride sont plutôt des républicains de l’aile dure. Une main tendue par Trump à Maduro pourrait être vue comme un aveu de faiblesse ».

« Ce n’est pas une évolution mais une confirmation que, derrière la rhétorique forte contre Nicolas Maduro, le gouvernement Trump maintient un canal de communication avec les responsables du gouvernement vénézuélien », explique Mariano de Alba. « Publiquement, le gouvernement américain déclare que la seule chose qu’il est prêt à négocier avec Maduro c’est son départ du pouvoir. Mais cette année a prouvé que d’autres questions pouvaient être débattues, comme la possible libération d’Américains emprisonnés au Venezuela. »

En effet, six anciens dirigeants de Citgo, filiale américaine du géant pétrolier vénézuélien PDVSA, dont cinq ont la double nationalité vénézuélienne et américaine, sont actuellement détenus au Venezuela. Mais, selon la Maison Blanche citée par le New York Times, ce sujet n’est pas à l’ordre du jour.

Cette négociation, qui s’est secrètement déroulée au Mexique, révèle également que les États-Unis souhaitent désormais changer de stratégie. Jusqu’ici, l’administration misait sur Juan Guaido, président autoproclamé du Venezuela depuis janvier 2019 et reconnu comme tel par les États-Unis et une cinquantaine de pays, dont la France.

« Les relations entre Juan Guaido se sont refroidies depuis février 2019. Le concert humanitaire devait être le prélude à la prise de pouvoir de Juan Guaido, qui promettait d’être soutenu par la population et les militaires. Rien de tout cela ne s’est produit », explique Jean-Jacques Kourliandsky. « Donald Trump, fidèle à sa préférence pour les hommes forts et les ‘vainqueurs’, voit désormais Juan Guaido comme un ‘loser’. »

« Les États-Unis continuent de soutenir et de se coordonner avec Juan Guaido, mais il y a désormais de la frustration car il n’a pas su unir l’opposition  L’administration Trump tente d’obtenir des avancées de son côté », note Mariano de Alba.

Donald Trump avide de victoires

Alors que la fin de son mandat approche à grands pas, le président américain se démène sur le plan de la diplomatie pour arracher des succès. Il a négocié la libération de deux otages américains au Yemen, annoncé un « accord de paix historique » entre Israël et les Émirats arabes unis et promis le retrait des troupes d’Afghanistan et d’Irak.

« C’est un président qui est dans l’immédiat, le rythme des réseaux sociaux. Les grilles d’analyses traditionnelles ne s’appliquent pas à ses prises de décisions. Il ne faut pas chercher de cohérence idéologique dans les positions de Donald Trump mais des coups d’éclats. Il en a besoin avant le 3 novembre », note Jean-Jacques Kourliandsky. « Il veut des victoires comme celles au Proche et Moyen-Orient, tel que son plan de paix dans le conflit israélo-palestinien qu’il a réussi à faire avaliser par les pays de la région. »

Des succès diplomatiques que Donald Trump espère engranger pour occuper la Maison Blanche quatre années supplémentaires.

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