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ONG :Accusée , dans une Actions de complicité , pour le passage clandestins , des migrants en Méditerranée

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Le ministre de l’Intérieur évoque « une réalité documentée » par Frontex. Mais l’agence européenne de contrôle des frontières dément.Ses propos lui ont valu le titre d’« adhérent d’honneur » du groupuscule d’extrême droite Génération identitaire. Vendredi 5 avril, lors de la conférence de presse finale du sommet du G7 des ministres de l’Intérieur à Paris, Christophe Castaner a lancé de graves accusations à l’encontre des ONG qui secourent les migrants en détresse lors de leur traversée de la Méditerranée.

Mise au point sur la position commune des ministres de l’Intérieur du #G7.
Nos ennemis, ce sont les passeurs, pas les ONG,e ministère de l’Intérieur a répondu qu’« il s’agit de deux rapports de Frontex [agence européenne de contrôle des frontières] datant de novembre et décembre 2016 qui ont été distribués aux Etats membres ». Dans une vidéo mise en ligne mardi, Christophe Castaner cite lui aussi ces deux rapports de Frontex, mais n’évoque plus que « des interactions de fait entre des passeurs et certaines ONG ».

Nous avons examiné chacun des rapports publics diffusés par Frontex en 2016. Deux d’entre eux mentionnent d’une phrase des appels, passés« principalement » depuis des bateaux de migrants, à l’aide de téléphones satellitaires, et ayant permis de détecter « presque exclusivement » toutes les embarcations en détresse en Méditerranée et de lancer les opérations de sauvetage. Sans plus de précisions.Il est aussi question d’appels téléphoniques dans un rapport annuel (PDF) de Frontex de 2017. Mais ils ont été passés par des migrants – sur instruction des passeurs – au Centre de coordination de sauvetage maritime (MRCC) de Rome, où les garde-côtes italiens coordonnent les opérations de secours en mer. Et non pas par des passeurs à des ONG, comme l’affirme Christophe Castaner. 

Ces soupçons de contacts entre passeurs et ONG sont au centre d’une enquête lancée en octobre 2016 par un autre magistrat, le procureur de Trapani en Sicile, Ambrogio Cartosio. Le procureur a expliqué, photos à l’appui, que des membres d’équipage du Iuventa étaient soupçonnés d’avoir pris à bord à plusieurs reprises des migrants sur des canots pneumatiques amenés directement par des trafiquants. L’enquête laisse penser que la pratique était « fréquente », mais pour des motifs purement « humanitaires ». Dans un cas, les passeurs sont même arrivés à la rencontre du Iuventa avec une vedette des gardes-côtes libyens. 

Face à ces suspicions, le gouvernement italien a instauré en juillet 2017 un code de bonne conduite qui impose aux ONG une grande transparence et surtout des opérations entièrement régies par les gardes-côtes italiens. Il les oblige ainsi à accepter un policier à bord et leur interdit, sauf consigne contraire des gardes-côtes, de transférer sur un autre navire les migrants qu’ils auront secourus. Ce code a reçu l’aval de la Commission européenne, mais il a été très critiqué par les ONG.

SOS Méditerranée a ainsi jugé qu’il ne pouvait « se substituer au droit maritime international » et qu’il participait « à la campagne de dénigrement des ONG ». L’ONG a fini par accepter de le parapher, après l’introduction de trois amendements, expliquait son président au Monde « Pas d’opération de police à bord pendant les vingt-quatre premières heures ; pas d’armes à bord, sauf dans certains cas ; et le fait de permettre les transbordements.

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