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Mort de Benoît XVI, premier pape émérite

Le pape Benoît XVI est décédé ce XXXX à l’âge de XX ans. Joseph Ratzinger a siégé au Vatican durant huit années. Son pontificat a été marqué par de nombreuses crises.

Joseph Ratzinger est né le 16 avril 1927 en Bavière au sein d’une famille catholique modeste. Comme son prédécesseur polonais le pape Jean-Paul II, sa jeunesse est marquée par l’épreuve du nazisme et de la guerre. Jeune séminariste, il est enrôlé contre son gré dans les Jeunesses hitlériennes.

Il est ordonné prêtre à l’âge de 24 ans en juin 1951, le même jour que Georg, son frère aîné. Il s’était rendu au chevet de celui-ci, en Allemagne deux semaines avant qu’il ne décède le 1er juillet 2020. Brillant professeur de théologie à Tübingen et Ratisbonne, Joseph Ratzinger participe en tant qu’expert en 1962 au concile Vatican II. Il n’a que 35 ans et est alors perçu comme un réformateur. Mais les évènements de mai 1968, la crise contestataire au sein de l’Église et la réforme liturgique de Vatican II vont modifier en profondeur son approche de la modernité.

En 1977, le pape Paul VI le nomme archevêque de Munich. Une fonction de courte durée puisqu’en 1981, le pape Jean-Paul II l’appelle à Rome à la tête de la puissante Congrégation pour la doctrine de la foi. Gardien intransigeant de l’orthodoxie catholique, iI y restera près d’un quart de siècle jusqu’à la mort de Jean-Paul II, le 2 avril 2005.

Sortir de la culture du silence

Le 19 avril 2005, ce sont des cardinaux orphelins du pape polonais qui élisent son plus fidèle collaborateur au quatrième tour de scrutin. Il prend le nom de Benoît, en mémoire de Benoît XV, défenseur de l’Europe et de la paix. Il a 78 ans et accepte la lourde charge par sens du devoir « pour garder la Maison ». De plus, il est lucide sur les tempêtes qui s’annoncent. En 2001, les révélations d’abus sexuels perpétrés par des prêtres du diocèse de Boston ouvrent une crise majeure pour l’Église. Quelques jours avant son élection, il avait clairement évoqué les « souillures dans l’Église », une Église qui ressemble à une « barque qui prend l’eau », allusion à peine voilée à la crise de la pédophilie à laquelle son successeur peine encore aujourd’hui à mettre un terme. Seul alors dans la tourmente des révélations en cascade, Benoît XVI devra assumer la lourde facture de la culture du silence qui prévalait dans l’Église depuis des décennies. C’est lui qui le premier parlera de « tolérance zéro ». De même, il sera le premier pape à demander pardon pour les fautes commises par l’Église lors de son voyage en Australie en 2008 pour les Journées mondiales de la jeunesse (JMJ).

À cette crise majeure viendra s’ajouter une série de polémiques. La plus célèbre fut celle de Ratisbonne et son discours « Foi et raison » en septembre 2006, dans la célèbre université allemande. Il posait la question du lien entre la violence et la religion. La publication de la version tronquée fut reçue dans le monde musulman comme une assimilation de l’islam à la violence et suscitera de vives tensions qu’il viendra apaiser peu après lors de sa visite à la Mosquée bleue d’Istanbul. De même une déclaration maladroite sur le préservatif dans l’avion qui le conduisait au Cameroun en 2009, son soutien à la béatification du controversé pape Pie XII, et la levée de l’excommunication de Mgr Williamson, évêque intégriste de la fraternité sacerdotale Saint-Pie X, lui valurent de sévères critiques de la part des médias dont il fut la cible régulière.

Un pape incompris

Au cours de son pontificat, Benoît XVI aura à composer avec la curie, sa lourdeur, ses dysfonctionnements et ses intrigues. Contrairement à son successeur, le pape François, le réservé et timide Benoît XVI n’avait ni l’autorité ni le tempérament pour s’imposer et réformer la curie. En effet, celle-ci, avec Jean-Paul II, plus globe- trotter que gestionnaire, s’était fort bien passée des absences du pape polonais. C’est « l’affaire Vatileaks », fuite de documents confidentiels révélant l’existence d’un large réseau de corruption, qui aura raison de la résistance du pape de 85 ans. Devant des cardinaux médusés, il annoncera sa démission, en latin, le 11 février 2013. Plus que ses nombreux discours, ses encycliques, dont « Caritas in Veritate » sur les injustices de la mondialisation, ses messages inquiets destinés à une société occidentale en pleine déchristianisation, c’est bien l’annonce de sa renonciation le 11 février 2013 qui restera la marque de son pontificat.

En quittant volontairement une charge qu’il ne pouvait plus porter, marqué par la longue agonie de Jean-Paul II, Benoît XVI, ce pape vu comme conservateur, révolutionnait alors l’exercice de la papauté. Devenu premier pape émérite de l’histoire de l’Église, retiré dans le monastère « Mater Ecclesiae » au cœur des jardins du Vatican, Benoît XVI qui rencontrait régulièrement le pape François, a continué jusqu’au bout à analyser l’évolution de nos sociétés qu’il voyait menacées par leur éloignement de Dieu et les changements anthropologiques au premier rang desquels le mariage homosexuel. Retiré dans une vie de prière et d’études, sa dernière parole publique fut début 2020 un livre signé avec le cardinal Sarah* concernant la défense du célibat des prêtres qu’il voyait menacé.

Redonner le goût de la foi chrétienne, refaire l’unité des chrétiens, tels furent les grands objectifs du pape allemand, peut-être le dernier pape européen, qui fut un pape incompris.

Le pape Benoît XVI délivre son premier «Urbi et Orbi» de Noël aux pélerins et touristes présents sur la place Saint-Pierre le 25 décembre 2005.
Le 19 avril 2005, Joseph Ratzinger devient le 265e pape de l’Eglise catholique et prend le nom de Benoît XVI, succèdant à Jean-Paul II. Il salue la foule depuis le balcon principal de la basilique Saint-Pierre.
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