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L’ONU craint de possibles crimes de guerre après le massacre de civils dans la région du Tigré en Ethiopie

C’est la première fois qu’un grand nombre de morts de civils est rapporté depuis le début, le 4 novembre, de ce conflit qui oppose le gouvernement du premier ministre Abiy Ahmed au Front populaire de libération du Tigré.

La situation en Ethiopie ne cesse d’inquiéter. L’ONU a demandé vendredi 13 novembre une « enquête indépendante » sur les nombreux civils qui auraient été tués dans la région du Tigré, où le pouvoir fédéral a lancé une opération militaire, évoquant de possibles « crimes de guerre ».

« Bien que les détails du massacre présumé rapporté par Amnesty International à Mai-Kadra dans le sud-ouest du Tigré n’aient pas encore été entièrement vérifiés », la haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, demande « une enquête complète », a déclaré son bureau.

« S’il est confirmé qu’ils ont été délibérément perpétrés par une partie aux combats actuels, ces meurtres de civils équivaudraient bien sûr à des crimes de guerre, et il doit y avoir une enquête indépendante et une pleine reddition des comptes pour ce qui s’est passé », a indiqué la responsable onusienne dans un communiqué. « Cependant, la première priorité pour l’instant doit être d’arrêter les combats et d’empêcher que d’autres atrocités ne soient commises », a-t-elle ajouté.

C’est la première fois qu’un grand nombre de morts de civils est rapporté depuis le début, le 4 novembre, de ce conflit qui oppose le gouvernement du premier ministre Abiy Ahmed au Front populaire de libération du Tigré (FPLT), le parti au pouvoir dans cette région dissidente du nord du pays.

Amnesty précise ne pas avoir été en mesure d’identifier elle-même les responsables mais qu’elle a parlé à des témoins selon lesquels des forces loyales au FPLT étaient à l’origine de ce « meurtre de masse. »

« Risque que la situation devienne incontrôlable »

A Genève, Mme Bachelet a réitéré son appel du 6 novembre aux deux parties pour qu’elles entament des pourparlers en vue d’une cessation immédiate des hostilités. « Je demande instamment aux deux parties de réaliser qu’il n’y aura pas de vainqueur dans une telle situation et d’entamer un dialogue sérieux pour résoudre leurs différends sans délai », a-t-elle souligné.

Elle a averti que si les forces régionales du Tigré et les forces du gouvernement éthiopien continuent sur leur lancée, « il y a un risque que cette situation devienne totalement incontrôlable, entraînant de lourdes pertes en vies humaines et des destructions, ainsi que des déplacements massifs à l’intérieur même de l’Ethiopie et au-delà des frontières ».

La responsable à l’ONU des droits de l’homme a déclaré qu’en dépit de la rupture des communications avec le Tigré, qui rend difficile la vérification de l’étendue des dégâts à ce jour, elle avait reçu des rapports de diverses sources suggérant une augmentation des frappes aériennes par les forces gouvernementales ainsi que des « combats terrestres féroces » entre les forces opposées.

« Je suis également extrêmement alarmée par les informations faisant état de coupures d’eau et d’électricité (…), en plus du black-out des communications et du blocage de l’accès par route et par air », a-t-elle ajouté.

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