Livre de Juan Branco censurer par le gouvernement Français

Souvent présenté comme l’avocat des « gilets jaunes », l’ancien candidat de La France insoumise aux législatives signe un pamphlet ciblant avant tout Emmanuel Macron. Le livre, sorti fin mars, est devenu un succès d’édition en quelques semaines.

Des accusations contestées

L’ouvrage souffre parfois d’un manque de rigueur, en ne sourçant pas toutes ses accusations, et en se permettant d’établir des liens de cause à effet douteux. « Ce n’est pas une œuvre journalistique précise, c’est vraiment un pamphlet, le livre d’une colère, défend Denis Robert. Il y a une juxtaposition de faits inquiétants et, à un moment, l’accumulation fait force. »

Plusieurs passages ont d’ailleurs provoqué la colère des personnes visées. Juan Branco accuse ainsi Mediapart d’avoir été trop tendre avec le candidat Macron, en rappelant que Xavier Niel détient une petite part du capital de la Société éditrice du site d’information. Mediapart « ne s’[est] à aucun moment élevé contre lui comme il l’avait fait contre bien d’autres politiciens », affirme le livre. « Il s’agit d’un racontar, voire d’un bouteillon, autrement dit d’une fausse information », répond le site, qui précise que le propriétaire de Free « n’est pas actionnaire direct de Mediapart. Il est seulement l’un des 88 contributeurs de notre Société des Amis lors de sa création en 2008. » Mais Juan Branco estime que le média ne répond pas aux accusations : « Je parle surtout de la sociologie de Mediapart qui est très proche de la sociologie macronienne (…) Niel, je n’en fais pas un facteur déterminant. »

L’auteur évoque aussi une censure de Daniel Schneidermann, qui aurait refusé de dénoncer sur Arrêt sur images une censure du Monde concernant une enquête de Juan Branco sur l’affaire Uramin, en 2016. Une accusation « ridicule », selon Daniel Schneidermann, généralement très critique envers les médias : « Je m’étais estimé incapable de juger si le refus de publication par Le Monde était justifié ou non. » De son côté, Juan Branco maintient que le site avait les preuves nécessaires pour publier cette information : « A mon avis, dans cette histoire, la direction du Monde s’est fait enfumer, quelqu’un a dû lui dire que WikiLeaks était de mèche avec les Russes (…) Et Schneidermann s’est rendu complice de cet enfumage… »

Un appel à la destitution de Macron

Le livre de Juan Branco pointe du doigt des problématiques essentielles, comme la reproduction sociale des élites françaises ou le phénomène de concentration des médias. Mais « l’avocat des ‘gilets jaunes' » lance surtout un ultime avertissement à ses lecteurs. L’ouvrage se termine en appelant à une destitution d’Emmanuel Macron, seule porte de sortie de crise selon l’auteur. A défaut, Juan Branco craint de voir l’extrême droite s’installer au pouvoir dès 2022. Pour lui, « le Rassemblement national a déjà donné aux élites les gages qu’elles attendaient ».

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