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Le racisme coûte cher à l’économie américaine


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En plein débat sur le racisme systémique aux États-Unis, la banque Citigroup vient, avec un rapport publié jeudi, apporter sa pierre à l’édifice en démontrant comment les discriminations raciales ont handicapé l’économie américaine. Et ont donc affecté tout le monde.


Combien coûte le racisme à l’économie américaine ? Ces derniers mois, le mouvement Black Lives Matters et les manifestations contre les violences policières ont rappelé l’impact social des discriminations raciales par les forces de l’ordre aux États-Unis. Le coût démesurément élevé payé par les minorités ethniques au Covid-19 ont, notamment, souligné l’inégalité de l’accès au soin. Et une étude de la banque américaine Citigroup, parue jeudi 24 septembre, est venue souligner un autre effet pernicieux des discriminations sur la société américaine : elles ont coûté 16 000 milliards de dollars à l’économie ces 20 dernières années.

“On considère souvent qu’une personne qui se rend coupable de discrimination envers une autre en raison de la race, de la religion ou du sexe, n’en subit aucune conséquence économique. […] C’est faux”, écrivait le prix Nobel d’économie 1976 Milton Friedman. Tout au long d’un rapport de plus de 100 pages, les économistes de Citigroup s’attachent à démontrer la pertinence de la citation du célèbre maître à penser du libéralisme dans l’Amérique d’aujourd’hui.

Opportunités manquées

Tout est une question d’opportunités manquées, soulignent les auteurs de ce document. La plus évidente, et plus importante, a trait aux inégalités salariales. “Un Afro-américain peut s’attendre à gagner un million de dollars de moins qu’un Blanc au cours de sa vie”, rappelait, déjà en 2013, une autre étude sur le coût des discriminations du cabinet de conseil McKinsey.

 

Les écarts de salaires “ne se sont pas réduits depuis le début des années 2000”, ont constaté les économistes de Citigroup, qui ont compilé les données de la Réserve fédérale et du Bureau du recensement. L’échec des politiques visant à combattre les discriminations sur le lieu du travail fait que, sur 20 ans, “le total des revenus qui auraient pu être générés sans ses écarts de salaire s’élève à un montant extraordinaire de 2 700 milliards de dollars”, conclut le rapport.

Autant d’argent qui aurait pu, en partie, venir nourrir la machine à consommer ou servir à des investissements dans des entreprises ou de l’immobilier. “En tout nous estimons que ces pertes de revenus à cause de la discrimination privent, chaque année, les États-Unis de 0,2 % de croissance en plus”, regrettent les économistes de la banque américaine.

Mais le problème ne s’arrête pas aux salaires, loin de là. “La richesse nette – c’est-à-dire les actifs moins les dettes – d’un foyer afro-américain est, en moyenne, huit fois inférieure à celle d’une famille blanche, d’après les calculs de la Réserve fédérale”, note Citigroup. 

L’une des composantes principales de la fortune des Américains vient de la valeur de leur maison. Et, à cet égard, les discriminations sont flagrantes et :“l’écart entre le pourcentage de noirs américains qui sont propriétaires et celui des blancs s’est même accentué depuis les années 1960”, note l’étude. Lorsque ces minorités arrivent, malgré tout, à devenir propriétaires, c’est généralement dans des quartiers moins huppés, ce qui fait que la valeur de leur bien augmentent moins vite, “creusant encore davantage les inégalités raciales”.

Racisme au quotidien et discriminations institutionnalisées

Si les banques rechignent à accorder des prêts immobiliers, elles sont tout aussi frileuses à financer les projets de créations d’entreprises des minorités ethniques. C’est l’autre grande occasion manquée due au racisme pour Citigroup : si les institutions financière avaient “traité de manière juste et équitable” les entrepreneurs afro-américains venus demander de l’argent pour monter leurs affaires, “cela aurait pu générer jusqu’à 13 000 milliards de dollars de revenus en plus pour l’économie américaine [entre le chiffre d’affaires potentiel de ces entreprises et les rentrées fiscales pour l’État, NDLR] et créer environ 6 millions d’emplois depuis 20 ans”, estime la banque américaine.

Un constat qui encourage les économistes de Citigroup à plaider pour une augmentation de représentants des minorités ethniques dans le milieu de la finance et, plus généralement, parmi les investisseurs. Cette plus grande mixité ne favoriserait pas seulement l’accès au crédit pour les minorités ethniques. Elle pourrait aussi permettre de mieux comprendre les besoins économiques de ces communautés, ce qui serait bénéfique pour toute l’économie, estiment les auteurs de l’étude. En effet, due à une surreprésentation de la population blanche dans le milieu des affaires, l’argent est souvent mal dépensé pour fournir les bons services ou produits à ces minorités. Ce sont, d’après Citigroup, des “centaines de millions de dollars d’opportunités de faire des affaires” qui passent à la trappe par faute de connaissance du marché.

C’est cette accumulation entre racisme au quotidien et discriminations institutionnalisées qui a coûté très cher à l’économie américaine. Parvenir à inverser la tendance ne se fera pas du jour au lendemain, tant ces biais sont profondément ancrés dans la société, reconnaissent les économistes de Citigroup. 

Mais les bénéfices pourraient être substantiels, puisque la fin de ces inégalités ethniques pourrait générer plus de 5 000 milliards de dollars de richesse supplémentaires pour l’économie américaine en cinq ans. Et l’étude identifie même des mesures simples qui pourraient avoir un impact immédiat, comme l’interdiction pour un employeur d’exiger l’historique des salaires d’un candidat pour un poste. “S’il ne le connaît pas, il ne sera pas incité, même inconsciemment, à perpétuer les discriminations salariales dont souffrent les minorités”, souligne Citigroup. Un petit pas qui pourrait avoir d’importantes conséquences.

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