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Le gouvernement veut faire disparaître le gaz des logements neufs

Présentée mardi par la ministre de la transition écologique, Barbara Pompili, la nouvelle réglementation doit entrer en vigueur dès l’été 2021 pour les maisons individuelles.

Ce n’est pas une interdiction, mais ça en a l’odeur et la saveur. En rendant publiques, mardi 24 novembre, les principales orientations de la nouvelle réglementation pour la construction de bâtiments neufs, le gouvernement a pris une option radicale : la disparition à moyen terme du chauffage au gaz pour les constructions neuves. Concrètement, en fixant un seuil d’émission de CO2 très bas, il rend quasi impossible l’installation d’une chaudière à gaz dans les maisons individuelles à partir de l’été 2021. Pour les logements collectifs, cette mesure s’appliquera de manière plus progressive, mais, à partir de 2024, il deviendra très difficile d’installer du chauffage au gaz.

« Nous ne pouvons continuer avec près de trois quarts des logements neufs sortant de terre pour être chauffés au gaz », a expliqué la ministre de la transition écologique, Barbara Pompili, en présentant cette nouvelle réglementation, appelée « RE 2020 ». « Il s’agit d’une rupture majeure », tranche la ministre, qui a souligné que des consultations devaient se poursuivre sur les aspects techniques dans les prochains mois.

La disposition précédente, appelée « réglementation thermique 2012 » (ou RT 2012), favorisait plutôt l’usage du gaz. Or, l’utilisation de gaz naturel participe directement au réchauffement climatique : le bâtiment émet 18 % des émissions de gaz à effet de serre de la France, et le chauffage compte pour 75 % de ce total. « Il s’agit d’un défi environnemental majeur », souligne Mme Pompili. Ces nouvelles normes doivent conduire à une réduction d’au moins 30 % de la consommation d’énergie au quotidien ainsi que des émissions de gaz à effet de serre lors de la construction.

L’électricité privilégiée

Le gouvernement est soumis depuis deux ans à d’intenses pressions de la part des secteurs de l’électricité et du gaz, qui ont tenté d’infléchir les orientations de la réglementation à venir. A l’évidence, la filière électrique, et en particulier EDF, a tout lieu de se féliciter de cet arbitrage qui leur est largement favorable. A l’inverse, pour le secteur gazier, il s’agit d’un défi existentiel, puisqu’une telle stratégie va réduire de manière importante la place du gaz dans le mix énergétique de la France. La ministre assume : « Techniquement, on met un seuil d’émissions de gaz à effet de serre très bas, ce qui empêche quasiment qu’il y ait du gaz dans les maisons neuves. »

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