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« L’Amérique de retour sur la scène mondiale », la diplomatie selon Joe Biden

La politique étrangère du président élu Joe Biden devrait radicalement trancher avec l’imprévisible diplomatie de Donald Trump. Si le démocrate plaide pour un retour au multilatéralisme, les bases de la diplomatie américaine restent bien ancrées. Décryptage de l’agenda du futur hôte de la Maison Blanche.

C’est avec un solide bagage en matière de politique étrangère que le futur président des États-Unis Joe Biden va s’installer à la Maison Blanche, le 20 janvier. Fin connaisseur des relations internationales, le sénateur démocrate a présidé la commission des affaires étrangères du Sénat en 2002, multipliant les déplacements en Irak et en Afghanistan, avant de devenir vice-président de Barack Obama (2009-2017).

La chancelière allemande Angela Merkel, qui a déjà côtoyé par le passé l’ancien vice-président des États-Unis, a également salué les « décennies d’expérience de Biden en politique étrangère ». « Il connaît bien l’Allemagne et l’Europe », a précisé la chancelière allemande qui l’a félicité « très chaleureusement » pour sa victoire électorale.

 

L’Allemagne n’est pas le seul pays pressé de tourner la page des années Trump. Ses voisins européens ont aussi appelé à rebâtir avec les États-Unis un « partenariat solide » après quatre années conflictuelles : le retrait américain de l’Accord de Paris sur le climat et de l’accord iranien sur le nucléaire ou les oppositions sur la fiscalité du numérique ou encore l’Otan…  

« Pendant 70 ans, les États-Unis, avec les présidents démocrate et républicain, ont joué un rôle de premier plan pour instaurer des règles, signer des accords et animer des institutions qui ont guidé les relations entre les nations et fait progresser la sécurité et la prospérité collectives – jusqu’à Trump », déplorait Joe Biden en avril dernier, dans un article du magazine Foreign Affairs.

Réparer, renforcer les alliances

Dans ce contexte, Joe Biden, qui se définit lui-même comme « le président qui rassemble et non pas qui divise », a déclaré, mardi 8 novembre, que l’Amérique était « de retour » sur la scène mondiale. Devant plusieurs dirigeants mondiaux – dont Emmanuel Macron – il s’est aussi dit « confiant » dans sa capacité à restaurer « le respect » international pour son pays. « Je leur ai dit que l’Amérique était de retour », « ce n’est plus l’Amérique seule ».

Parmi les dossiers prioritaires figure le climat, et notamment l’Accord de Paris. Le candidat démocrate s’est engagé à renouer avec le texte « dès le premier jour ». Il compte aussi investir 2 000 milliards de dollars dans les quatre ans pour un plan colossal de lutte contre le réchauffement climatique.  

« Au cours de ses 100 premiers jours au pouvoir », il réunira par ailleurs les dirigeants des nations les plus polluantes pour un sommet sur le climat, où il entend convaincre ces pays de revoir à la hausse leurs engagements.

Dans la liste des autres fractures que Joe Biden entend réparer, l’annulation de la procédure de retrait des États-Unis de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), lancée par Donald Trump en juillet, en pleine pandémie de Covid-19. « Les Américains sont plus en sécurité lorsque l’Amérique est engagée dans le renforcement de la santé mondiale », a plaidé Joe Biden.

L’Otan, un engagement « sacré »

Enfin, le président élu s’est également engagé à accueillir « un sommet mondial pour la démocratie afin de renouveler l’esprit et le but commun des nations du monde libre ». L’objectif déclaré du rassemblement est d’obtenir des engagements dans les luttes contre la corruption, l’autoritarisme, notamment par la sécurité électorale, et la promotion des droits de l’Homme dans le monde. Sans oublier sa volonté de rejoindre le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies.

Concernant l’Otan, le partenariat transatlantique devrait retrouver des couleurs et un ton plus courtois que sous le mandat de Donald Trump. 

Contrer « l’agression russe »

En revanche, s’il y a un dossier sur lequel le démocrate est plus intransigeant que son prédécesseur, c’est la Russie. Selon Joe Biden, il s’agit de « la plus grande menace pour l’Amérique en ce moment, en ce qui concerne notre sécurité et nos alliances ».

« Nous devons imposer des coûts réels à la Russie pour ses violations des normes internationales et nous tenir aux côtés de la société civile russe, qui s’est bravement opposée au système autoritaire kleptocratique du président Vladimir Poutine », a asséné Joe Biden.

Néanmoins, le président élu devrait poursuivre sur la voie de la réduction des armes stratégiques, négociée en 1991 avec la Russie. 

Unir ses alliés pour affronter la Chine

Et qu’en sera-t-il des relations avec Pékin ? Pour Joe Biden, la Chine reste « le plus grand concurrent » de l’Amérique. Il a promis de conduire son pays à « gagner la compétition » en s’engageant à investir massivement dans les nouvelles technologies dans le cadre de son programme économique « Buy American ».

Peu de détails ont filtré sur le maintien des sanctions de Donald Trump à l’encontre des entités inscrites sur la liste noire, comme Huawei, mais le président élu entend adopter une méthode moins unilatérale que celle de son prédécesseur. Il prévoit de travailler avec ses alliés en désaccord avec Pékin pour mettre une pression collective sur son rival, que ce soit sur les questions climatiques, la santé publique mondiale, ou la non-prolifération – notamment vis-à-vis de la Corée du Nord.

Plus de « guerres pour toujours »

Du côté du Moyen-Orient, la lignée de Donald Trump de mettre fin « aux guerres éternelles » en Afghanistan et en Irak devrait perdurer avec le prochain locataire de la Maison Blanche. Ce dernier a aussi dit vouloir « mettre fin à notre soutien à la guerre menée par l’Arabie saoudite au Yémen ».

Mais Joe Biden devrait se démarquer sur le dossier iranien puisqu’il souhaite « rentrer » dans l’accord nucléaire « si Téhéran se remet à respecter » le texte, qui avait été négocié par l’administration Obama-Biden « aux côtés de nos alliés et d’autres puissances mondiales ». 

 

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Sur le front israélo-palestinien, Joe Biden ne devrait pas trop s’éloigner de la ligne de Donald Trump, en s’alignant sur la solution à deux États, promue par Donald Trump, tout en assurant vouloir renouer avec les Palestiniens. Il souhaite notamment renouveler le financement américain à l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), que le républicain avait interrompu.

Pas de Brexit dur

Enfin, il serait erroné de croire que le Brexit est un sujet brûlant pour Joe Biden. Le Premier ministre britannique et allié de Donald Trump, Boris Johnson, a longtemps cru qu’il pourrait  négocier un accord commercial post-Brexit « ambitieux » avec les États-Unis. Mais la victoire de Joe Biden à la présidentielle en a décidé autrement.

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