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Cinéaste et homme politique argentin, Fernando Solanas est mort

Maître du documentaire militant, réalisateur, ancien député et sénateur, l’auteur de « Sud », prix de la mise en scène à Cannes en 1988, est mort le 6 novembre, à l’âge de 84 ans des suites du Covid.

Maître du documentaire militant, réalisateur original, ancien député et sénateur toujours à contre-courant des pouvoirs dominants, l’Argentin Fernando Solanas est mort à Paris, le 6 novembre, à l’âge de 84 ans. Son premier long-métrage, L’Heure des brasiers (1968), une immense trilogie à la croisée des avant-gardes politiques et artistiques, a révolutionné le documentaire par son adhésion sans complexes à tous les artifices de l’agit-prop, en résonance avec la radicalisation politique de l’époque.

Fernando Solanas et son scénariste Octavio Getino se sont fait les apôtres d’un « troisième cinéma », révolutionnaire, insurgé contre le cinéma commercial hégémonique, hollywoodien, mais aussi contre le cinéma d’auteur prisé en Europe, qualifié de « réformiste ». Traduit en nombreuses langues, leur manifeste a été entendu, surtout dans le tiers-monde et dans les pays anglo-saxons, où il a servi d’inspiration à une vague de films militants souvent très en dessous de leur modèle.

Interpeller le public

Fernando Ezequiel Solanas, surnommé « Pino », était né le 16 février 1936 à Olivos (province de Buenos Aires), dans la banlieue résidentielle de la capitale argentine. Il a une formation éclectique, avec une dominante musicale et théâtrale. Les ficelles du métier, il les apprend sur le tas, en tournant 800 spots publicitaires. Après le coup d’Etat militaire de 1966, il entreprend le tournage clandestin de L’Heure des brasiers, avec une petite équipe. La première partie, intitulée Néocolonialisme et violence, privilégie le montage court et le collage, utilise des matériaux hétérogènes provenant des actualités, de la photo fixe, du graphisme, avec une forte présence du texte, écrit ou en voix off, sans oublier le contrepoint musical parfois ironique. Le public est interpellé, sommé de sortir de sa passivité complice, à l’instar des injonctions de Frantz Fanon ou d’Augusto Boal : « Tout spectateur est un lâche ou un traître ».

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