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Cameroun – Scandale sexuel à la Fédération camerounaise de Karaté/Lynda Raymonde (Artiste musicienne et ancienne karatéka): «Il est question de harcèlement, séquestration, de tentatives de viol. Le karaté n’est pas un sport pour les pervers»

Lors d’un entretien accordé à ABK Radio, un média basé à Douala, l’auteur de «forme O» a avoué avoir été victime de harcèlements sexuels.

Le scandale sexuel né du récent rapport sur «Les violences sexuelles dans le karaté au Cameroun», rendu public le 7 juillet 2020, par le Cercle des Ceintures Noires de Karaté du Centre, a rouvert de vieilles blessures. D’anciennes victimes de harcèlement sexuel, qui avaient choisi de garder le silence à l’époque des faits, ont décidé de rompre avec la loi de l’omerta.  

C’est notamment le cas de l’artiste musicienne Lynda Raymonde, qui a la surprise générale, a avoué avoir été la victime de ces pratiques répugnantes lorsqu’elle foulait encore de ses pieds de jeune et frêle demoiselle, les tatamis. L’auteur du single à succès «forme o», qui précise cependant qu’elle a uniquement été l’objet de harcèlement implicite, n’est pas du tout surprise par le contenu du rapport susmentionné. A en croire cette dernière, dans le petit monde du karaté, les violences sexuelles sont quasiment frappées du sceau de la normalité, puisqu’entretenues par le silence des malheureuses victimes, prises au piège entre leur quête d’ascension et les envies perverses des responsables de la fédération.

Invitée par nos confrères d’ABK Radio, le mercredi 15 juillet 2020, l’artiste qui a récemment fait une incursion dans la littérature, avec la publication de son premier ouvrage intitulé «Mon crime d’aimer», a donné plus d’épaisseur à ses déclarations.

«Les témoignages que vous avez reçus sont de celles qui n’ont pas cédé… il y a celles qui ont cédé que les ceintures noires n’ont pas voulu exposer dans le rapport et qui avouent qu’elles ont cédé pour pouvoir toucher leurs primes. Ce sont des faits des faits graves. Il s’agit d’un réseau de responsables à qui les parents confient leurs enfants depuis l’âge de 11 ans, qui sont entrés minimes et qui sont passés de junior à senior…Le karaté  c’est l’école de la vie. Le karaté doit servir de justice. Il n’est pas question de sabotage. Il est question de harcèlement, séquestration, de tentatives de viol. Le karaté n’est pas un sport pour les pervers. Les autorités judiciaires devaient se saisir de cette affaire pour établir les responsabilités», a-t-elle déclaré.

Visiblement très remontée contre cette situation, Lynda Raymonde, ancien membre de l’équipe nationale de karaté, a décidé de partager avec les internautes les frustrations qu’elle a vécues, quand elle arborait encore le kimono. Elle a décidé de conter ses mésaventures, dans une série de storytelling en plusieurs épisodes. La première partie a été publiée sur Facebook, le mercredi 15 juillet 2020. En outre, la chanteuse de Bikutsi s’est résolument engagée à soutenir les athlètes qui ont eu le courage de dénoncer les pratiques décrites dans le rapport des ceintures noires du centre, afin qu’elles puissent obtenir justice.

Cidessous la publication de Lynda Raymonde

LES VIOLENCES SEXUELLES DANS L’ÉQUIPE NATIONALE DE KARATE : un secret de polichinelle 

La fédération Camerounaise de Karaté (FECAKADA) se résume aujourd’hui à harcèlements sexuels, chantages, séquestrations, perversion et viols. Les TATAMIS ont été remplacés par des TATALITS par certains hauts responsables et subitement le karaté devient un sport de chambre. Les « karatékates » sont devenus des matelas et crient Ô secours. Arrêtez ça!!!

  Les officiels, les athlètes, les entraîneurs, le président de la fédération à l’époque Me Yamthé Jonas ne cachaient pas leur étonnement et tout le monde voulait savoir qui était cette farouche nouvelle pépite. Je parvins à atteindre les demi-finales où je rendis ma ceinture face à Yvrana Sylvie, qui remporta le titre de cette catégorie cette année là!!!

PART 2

Quelques mois plus tard, un texte de nominations attribuait à ma mère la prestigieuse tâche d’aller distiller le savoir dans un lycée de la ville de Yaoundé.  Ma famille et moi nous sommes donc à cet effet, empressées de déménager à la suite de mon père qui avait été affecté en cours d’année scolaire de Douala pour Yaoundé. C’est avec énormément de joie que nous regagnions notre domicile au Camp sic Mendong bloc E. J’écumais en plus, la folle joie d’avoir décroché mon probatoire D, nous sommes en 1999. À la suite de tout de ce tumulte, je m’accordai quelques mois de repos jusqu’en novembre. J’étais inscrite en terminale D au lycée de Mendong où la discipline et le travail étaient de rigueur comme au lycée bilingue de Bonaberi d’où je venais.

En octobre donc j’entrepris de trouver un club à Yaoundé car je me sentais en manque de quelque chose. Mon encadreur feu Me Motto Patrick me suggera trois Senseï : Me Olinga Smith, Me Tchouingui de Sosucam) et Me Abena « ils ont un karaté propre, ils t’apporteront le savoir donc tu as besoin, amélioreront ta technique et surtout sauront canaliser toute l’énergie qui bouillonne en toi » m’avait il dit. Je rencontrais Me Olinga au collège madeleine et après un entretien dans son bureau je decidai de déposer mes valises à « Oshiro karaté » dont il etait le maître. Que de belles choses se sont passées dans ma vie dans ce temple du savoir et ce moule à champions. Je fis la rencontre de la crème du Karaté à cette époque : LOTSI Hermance, BELLA Achille, ESSAKA Francis, MBOUDOU Jeanne d’arc, BAMBAYE à baron, NGONO Marie, O. MANGA, AMBANI, le jeune NDOUGSA et pleins d’autres talents que je m’excuse de ne pouvoir citer ici. C’était le carrefour des champions et des stars du Karaté. Là-bas, on n y pratiquait pas que du Karaté, mais l’art martial en général dans toute sa splendeur. Là bas, il n’y avait pas de règles, pas de loi, mais un seul mode de baptême qui passait par une phrase: « mettez les gants, suivait « Kamae » puis le retentissant « Hajime ». C’était une série de kumité sans distinction d’âge, de sexe, pendant environ une heure, ces kumités de club sans arbitre et sans public duraient deux minutes et on changeait d’adversaires. À ma première expérience, je m’étais faite copieusement tapée dessus, une belle façon pour les anciens de me souhaiter la bienvenue certainement! Lorsque après une heure d’affrontements survenait enfin le « Yame » de Me Olinga « Ô mon Dieu quel délivrance ». S’en suivait alors une durant cette fois l’enseignement proprement dit du Karaté, de ses techniques de base et aux termes de ces deux heures d’entrainements, nous étions tous KO. 

À ma première expérience je m’enssortie avec un oeil rouge, les tibias bousillés et gonflés, les côtes alors n’en parlons pas, elles étaient en feu et craquaient à chaque fois que je me retournais sur mon lit cette nuit là, j’avais de la peine pour chaque mouvement que je tentais de faire mais je trouvais tout de même le courage et la force de retourner à Oshiro deux jours plus tard et encore et encore jusqu’à ce que j’arrive à me faire accepter et respecter. 

Ce rituel se perpétua jusqu’à l’ouverture de la saison l’année d’après 2000.

 

Affaire à suivre…

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