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Cameroun – Opération Épervier: La Chine soupçonnée de jouer un rôle trouble dans l’affaire Mebe Ngo’o

L’ancien ministre de la Défense, en détention depuis 18 mois à la prison de Yaoundé-Kondengui, est, entre autres, accusé de détournement d’une Convention de prêt signée entre la Chine et le Cameroun dans le cadre de l’achat de matériels militaires estimés à 300 millions d’euros. Il paierait le prix d’un marché de dupes, selon le journal Le Messager.

Le sort de l’ancien ministre de la Défense, Edgar Alain Mebe Ngo’o, en détention à la prison de Kondengui depuis 18 mois, préoccupe visiblement le journal Le Messager.

Dans son édition du vendredi 4 septembre 2020, le journal créé par le défunt Puis Njawé annonçait  déjà en exclusivité que l’ex-MINDEF, «est accusé de détournements de fonds publics évalués à 20 milliards FCFA qu’il aurait malicieusement chapardé à travers des surfacturations et des marchés publics fictifs. Ensuite, l’ex-MINDEF serait au centre d’un autre détournement estimé à 196 milliards de FCFA destinés au projet polytechnologique avec la Chine dans le cadre de l’achat de matériels militaires pour l’armée camerounaise. Et pour couronner le tout, le natif de Sangmélima est accusé de blanchiment d’argent évalué à 20 milliards de FCFA».

En attendant l’ouverture du procès, dans son édition en kiosque ce 9 septembre 2020, le journal s’intéresse à l’exécution du fameux projet avec l’Empire du milieu qui pèse quand même 300 millions d’euros (196 milliards de FCFA).

«S’il est avéré que Mebe Ngo’o est impliqué dans ce prétendu détournement de fonds, la question aujourd’hui est de savoir pourquoi la responsabilité de la Chine n’est pas soulevée. Si deux partenaires sont engagés dans un deal, il est difficilement admissible de voir que seule l’une des parties prenantes en paie le prix. Plus intrigant, si le projet a été convenablement et intégralement exécuté par la Chine qui a équipé toutes les composantes des forces de défense camerounaises tel que le gouvernement camerounais l’a reconnu et salué, pourquoi donc parler de détournements si la part du contrat de l’autre partie a été largement remplie ?», peut-on lire dans les colonnes du journal qui poursuit en relevant que ces  interrogations «font dire à des experts en finance qu’il y a certainement anguille sous roche et que l’ancien patron de la Défense serait « offert en holocauste à des fins inavouées »».

Pour mieux cerner cette affaire, Le Messager, qui cite des sources dignes de foi, révèle que la Convention de prêt inscrite dans la coopération bilatérale entre le Cameroun et la Chine avait été signée en son temps par Emmanuel Nganou Djoumessi alors ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire. Le Cameroun est actuellement en phase de remboursement. Quant au montant non remboursé, il est évalué à près de 50 milliards FCFA et devrait arriver à échéance en 2022.

«Vu sous cet angle, il est clair que la justice impute purement et simplement à l’ex-MINDEF, le détournement de 196 milliards FCFA soit l’intégralité du montant total de la Convention de prêt d’Etat à Etat qui se chiffre à 300 millions d’euros. Ce qui veut dire en d’autres termes que le partenaire chinois n’a rien livré avec sa complicité», explique le journal.

Et pourtant, soutient le journal, «à travers cette convention (fructueuse), des actions multiformes de nos valeureux soldats ont permis de bloquer certains circuits de ravitaillement de la secte terroriste, qui transitaient pratiquement tout sur son territoire. Face au défi sécuritaire, le Cameroun a mis les moyens. Bien équipée et formée, notre armée professionnelle a pu lutter contre le grand banditisme en zone de forêt, redoubler de vigilance et la surveillance les frontières, et stopper le fléau des coupeurs de routes dans le Nord».

N’est-ce pas le moment «pour la Chine d’ouvrir la boîte de Pandore et de livrer tous les contours de ce projet qui pourrait apporter plus d’éclaircis dans la procédure ? Faut-il conclure que la Chine, aidée par certains hauts commis de l’Etat, a floué le Cameroun pour en tirer les dividendes ?» se demande dans une série d’interrogation, le journal.

 

 
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