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Cameroun – Justice: A l’ouverture de leur procès en appel, Sisiku Ayuk Tabe et ses compagnons (leaders séparatistes) ont refusé d’être jugés en français


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Ils exigent d’être jugés en anglais, leur langue première.

La Cour d’Appel du Centre a ouvert le 16 juillet 2020, le procès en appel de 10 leaders séparatistes, dont Julius Sisiku Ayuk Tabe, condamnés par le Tribunal Militaire de Yaoundé à la prison à vie.

Les mis en cause, tous d’expression anglaise, étaient bel et bien présents au tribunal. Mais ils ont refusé de se présenter devant la barre. Ils protestaient ainsi contre le fait que les juges en charge de cette affaire ne s’expriment qu’en français.

«Les juges de la Cour d’Appel ne s’expriment pas en anglais et mes clients estiment qu’ils ne peuvent pas se mettre à la barre alors que tout est dit en français. C’est la cause même de la crise anglophone», a expliqué ce 17 juillet, Me Emmanuel Simh, l’un de leurs avocats, interrogé par Equinoxe Radio.

La cause a été reportée au 20 août prochain. Tout en soulignant qu’il existe des juges anglophones au Cameroun, Me Simh réitère que «cette procédure n’est pas autre chose qu’un procès politique, les revendications portées par Julius Sisiku Ayuk Tabe et ses compagnons sont des revendications politiques. On doit se rendre compte que la solution doit être politique. Elle ne doit jamais être judiciaire».

Julius Sisiku Ayuk Tabe, leader autoproclamé des séparatistes anglophones et ses neuf coaccusés (Nfor Ngala NforTassang Wilfried FombangHenry KimengCornelius Njikimbi KwangaFidelis CheChe Augustine AwasumEgbe OgorkEyambe Elias et Shufai Blaise Sevidzem), avaient été condamnés à la réclusion à vie par le Tribunal Militaire de Yaoundé le 20 août 2019.

Ils avaient été reconnus coupables de sécessionterrorismehostilité contre l’Etat du Cameroun et non possession de pièce d’identité camerounaise.

Ayuk Tabe et ses compagnons ont été arrêtés au Nigeria en janvier 2018 et extradés au Cameroun. Yaoundé les tient pour responsables de la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, qui a fait environ 3000 morts et au moins 600 000 déplacés en quatre ans, selon les ONG.

Leur procès en appel s’ouvre alors que le gouvernement a initié récemment des négociations avec ces derniers pour trouver une issue à la crise.

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