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Cameroun – Hommage à Pius Njawé/Haman Mana (DP Le Jour): «On a trop souvent tendance à l’oublier: Le Messager a été créé par un gamin: en 1979, Pius Njawé avait 22 ans !»

A l’occasion du 10 anniversaire de la mort de Pius Njawé, le directeur de publication du quotidien Le Jour a rendu un vibrant hommage ce 13 juillet 2020 au défunt fondateur du journal Le Messager.

Le dimanche 12 juillet 2020 a marqué le 10è anniversaire de la mort tragique  du journaliste Pius Njawé, fondateur du quotidien Le Messager, dans un accident de la circulation aux Etats-Unis. À l’occasion de ce triste anniversaire, plusieurs activités ont été organisées au siège du journal à Yaoundé.

Occasion pour Haman Mana, directeur de publication du quotidien Le Jour  de rappeler «avec force que la presse indépendante au Cameroun est redevable au prix payé par le fondateur de Le Messager pour l’abolition de la censure au Cameroun. C’est pratiquement en 1996 que la censure a été levée par une loi alors que les lois de 1990 consacraient la liberté de communication sociale entre autres. Ce résultat, a précisé Haman Mana, est le fruit d’une longue lutte dont Njawé était la figure de proue», rapporte le quotidien Le Messager dans son édition du 14 juillet 2020.

Dans un hommage bien appuyé à celui qui fut son ancien patron, Haman Mana affirme avoir  découvert  deux aspects indissociables (militant et journaliste) de l’homme juste à son arrivée au sein de l’organe. «Au cours d’un voyage du défunt à Sarajevo en pleine guerre, la qualité du reportage du terrain de son Directeur de publication, avoue Haman, va l’amener à reconsidérer la distinction entre journaliste sorti de l’école et journaliste par vocation, comme l’était Njawé. Et ce n’est pas tout d’être formé à la pratique journalistique. Il y a en sus de ceci la nécessité de défendre les libertés et droits civiques. Il confesse volontiers que c’est auprès de Njawé qu’il s’est initié à ce combat pour les libertés», lit-on

Pour le directeur de publication du quotidien bleu, Pius Njawé «rusa en essayant de mettre sur pied la section camerounaise de ce qui était alors l’Union Internationale de la Presse Francophone devenue plus tard, UPF. Ce sont des envoyés du ministère de l’information et de la Culture de l’époque, qui torpillèrent l’initiative. Il en garda un goût amer, et, loin des mesquineries camerounaises, il porta son souci de se mettre avec les autres, plus loin: Pius Njawe fait partie, et c’est à l’honneur du journalisme camerounais, de la soixantaine d’hommes de presse qui en 1991 ont rédigé «la Déclaration de Windhoek» qui a consacré le 3 mai comme Journée Mondiale de la Liberté de la presse dans le monde entier», confie-t-il.

De son témoignage, on apprendra aussi que Njawé «aurait pu lancer la toute première radio privée du Cameroun. Le pouvoir, échaudé sans doute par «l’effet Messager», ne lui en donna jamais la possibilité…On a trop souvent tendance à l’oublier: Le Messager a été créé par un gamin: en 1979, Pius Njawé avait 22 ans! Et avec sa quarantaine d’années Le Messager fait figure de «doyenne» des journaux de la presse non étatique au Cameroun. Dix années après sa tragique disparition, pour ces portes qu’il a ouvertes et par lesquelles nous passons tous les jours, nous lui devons bien hommage».

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