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Cameroun – Fridolin Nké (Philosophe): «Le sous-préfet d’Obala m’a fait dire: “tu peux être candidat pour n’importe quel parti, mais pas pour le MRC. Et si tu t’avises d’être candidat, tu vas comprendre ce qu’on appelle le pouvoir“»

L’universitaire estime que les dernières élections législatives et municipales n’avaient rien de démocratique, libre et transparent.

Le philosophe camerounais Fridolin Nké est amer quand il parle de l’organisation des élections dans son pays. L’universitaire a raconté son expérience de candidat manqué sur Equinoxe Télévision le 29 novembre 2020. L’invité du programme «La vérité en face» dit avoir observé la perpétuation du système néocolonial. Ce qu’il appelle «le banditisme politique». Pour lui, «il ne s’agit pas des élections à proprement parler»

Et pour prouver ses dires, il met en avant son vécu. «J’étais candidat moi-même à Obala. Je peux vous dire que j’ai été choqué. J’ai voulu faire l’expérience sous la bannière d’un parti qui ne savait pas que je serais candidat en son nom. J’ai vu quand même que parmi la pléthore de partis qui étaient là, il y avait des affinités au niveau des idées. J’ai voulu être candidat pour ce parti», se rappelle l’universitaire.

Il en voulait à l’exécutif sortant qui d’après lui ne s’occupait pas bien de la ville d’Obala. «J’avais demandé qu’on ne puisse plus élire le même individu. Parce qu’en réalité la ville est totalement délabrée. On ne sait pas s’il y a un maire. Malheureusement c’est ce maire-là que le RDPC a imposé aux populations», affirme le docteur en philosophie.

Les choses vont se compliquer pour lui. Le sous-préfet du coin ayant appris qu’il va défende les couleurs de l’opposition le menace. «J’ai voulu être candidat pour un autre parti. J’ai été appelé par le sous-préfet qui m’a fait dire que : “ tu peux être candidat pour n’importe quel parti, mais pas pour le MRC. Et si tu t’avises d’être candidat, tu vas comprendre ce qu’on appelle le pouvoir“. J’ai compris que ce n’est pas du tout une élection».

A l’issue de cette mésaventure, l’enseignant à l’université de Yaoundé 1 s’est fait sa petite idée de l’état de la démocratie au Cameroun. «En réalité, je comprenais déjà ce qui se passait. On ne peut pas dire qu’on manifeste la volonté de représenter son peuple, d’aller sur le terrain pour compétir, bien évidemment on musèle tout le système. Par la suite, on va vous faire croire que c’est tout à fait démocratique, libre et transparent. C’est totalement faux. C’est du banditisme», réitère-t-il.          

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