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Cameroun – Détention: Le journaliste Njoka Kingsley déjà coupable d’actes de terrorisme selon l’armée

Le Chef de la Division de la Communication du ministère de la Défense, le Colonel Cyrille Serge Atonfack, a laissé entendre lors de son passage le dimanche 5 juillet 2020 à Equinoxe TV, qu’il ne restait à la justice qu’à formaliser sa condamnation, qu’importe le principe de présomption d’innocence.

Le sort du journaliste indépendant, Njoka Kingsley, interpellé en mai dernier à Douala et accusé de « sécession et de complicité de bande armée », serait déjà scellé, si l’on s’en tient aux déclarations du porte-parole de l’armée, le Capitaine de Frégate, Cyrille Serge Atonfack, au cours de l’émission « La Vérité en Face », le dimanche 5 juillet 2020 sur Equinoxe TV.

Ce haut cadre de l’armée a révélé qu’à la suite de son arrestation, des enquêtes ont permis d’établir que l’ancien journaliste de «L’Effort Camerounais» était un «terroriste», et qu’à l’aune des interrogatoires qu’il a subis, il a fini par avouer sa culpabilité, avant même l’ouverture d’une procédure judiciaire en bonne et due forme.

«Nous avons les déclarations de Njoka Kingsley, qui avoue qu’il est le coordonnateur des Mbui Warriors. Njoka Kingsley va jusqu’à indiquer comment ils ont massacré les jeunes qui avaient entendu l’appel présidentiel et qui ont déposé les armes pour le camp des DDR (Désarmement, Démobilisation et Réinsertion, NDLR). Wazizi terroriste, était un petit terroriste. Nous avons quelqu’un aujourd’hui, sur l’échelle du mal, qui est à 110/100, alors que Wazizi n’était qu’à 20/100», a déclaré le Colonel Cyrille Serge Atonfack.

Ce dernier ajoute que Njoka Kingsley, en détention à la prison centrale de Kondengui, était «collecteur d’impôts, plaque tournante d’approvisionnement en armes et munitions» des combattants des Mbui Warriors, un groupe séparatiste armé dans le Nord-Ouest, et qu’il «sera jugé, éventuellement pour être condamné». En clair, selon l’armée, il est coupable et n’échappera pas à une condamnation, même si la justice n’a pas encore pleinement établi sa culpabilité.

Dimanche soir, le président du Syndicat National des Journalistes du Cameroun (SNJC), Denis Nkwebo, a dénoncé une entorse à la procédure, en indiquant que Njoka Kingsley reste présumé innocent, jusqu’à ce qu’il soit reconnu coupable devant les tribunaux.

«Le respect de la présomption d’innocence est une obligation pour tous. Seule une justice peut déclarer coupable ou non coupable un justiciable. Même le plus grand criminel du monde a droit à une saine administration de la justice», a-t-il tweeté.

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