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Brexit : A Bruxelles, le ras-le-bol des élus et des fonctionnaires européens qui s’éternise

Je souffre de quelque chose qui ressemble à la fatigue du Brexit… C’est un désastre. » Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a résumé il y a quelques semaines le sentiment qui gagne Bruxelles et Strasbourg, rappelle Politico (en anglais). Les 27 ont accordé, jeudi, un court répit à Theresa May en le repoussant a minima de deux semaines. Mais la Première ministre doit encore convaincre son Parlement d’approuver le projet d’accord de sortie de l’Union européenne négocié avec Bruxelles. Un projet déjà rejeté par deux fois.

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Tout le monde ici assiste médusé, et un peu effrayé, à ce qui se passe à Londres, note Maïa de La Baume, journaliste à Politico. Même le négociateur [Michel Barnier] en a un peu marre, confirme un fonctionnaire européen interrogé par franceinfo. Nous sommes désormais spectateurs, dans l’attente que le Royaume-Uni prenne une décision finale.En cas d’échec, elle aura jusqu’au 12 avril pour trouver un plan B. Jusqu’ici, jamais les parlementaires britanniques ne sont parvenus à trouver un consensus.

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Il y a un ras-le-bol absolu, de tout le monde, dans toutes les institutions européennes impliquées dans ce processus, assure Maïa de La Baume. Selon la reporter politique, les négociateurs de l’UE ont l’impression que les efforts qu’ils font ne donnent pas grand-chose au Royaume-Uni , Theresa May nous a demandé, encore et encore, de donner des garanties aux députés britanniques. Et nous l’avons fait,Le Royaume-Uni a décidé de quitter l’UE. Ce n’est pas notre responsabilité de les aider à mettre en œuvre cette décision.

Nous avons épuisé toute la marge de négociation possible, tout en préservant la force de l’Union, qui est son marché unique, le Brexit  nous a révélé un malentendu de fond avec le Royaume-Uni. Les Britanniques n’ont jamais intégré que l’UE est un Etat de droit, avec des règles décidées par tous, Les Européens sont d’autant plus incrédules face à ce manque de réalisme que « les Britanniques sont réputés pour être d’excellents négociateurs », selon une fonctionnaire de la Commission. 

Certains membres du gouvernement français s’inquiètaient depuis plusieurs semaines déjà de « l’entêtement de la Première ministre à faire revoter le même texte », rapporte Valéry Lerouge.Alors qu’elle demandait une extension de l’article 50, Theresa May a ainsi donné l’impression à ses homologues de ne « pas avoir de plan », rapporte le Guardian (article en anglais).

Le scénario redouté du « no deal » semble donc plus probable que jamais. La Commission a d’ailleurs annoncé, lundi 25 mars, avoir terminé ses préparatifs en cas de sortie brutale du Royaume-Uni sans accord. « Nous avions tout prévu pour le 29 mars , L’attente est d’autant plus pénible pour les responsables européens que le Brexit phagocyte le reste de l’agenda. Lors du sommet du 21 mars, les dirigeants des 27 ont passé près de huit heures à débattre de la réponse à apporter à la demande de report déposée par Theresa May.

Au sein de chaque direction générale de la Commission, des équipes ont été chargées d’évaluer les conséquences de chaque scénario pour l’UE. « Nous avons établi des séries de mesures de contingence en cas de ‘no deal’, un plan d’action si le plan est approuvé, etc., précise une fonctionnaire. Pour chaque nouveau dossier que nous traitons, nous sommes obligés de nous demander si le Brexit y changera quelque chose.

A Bruxelles, on se dit prêt à aller de l’avant. « Le sommet du Conseil prévu début mai à Sibiu, en Roumanie, doit être l’occasion de travailler aux sujets qui permettront de réénergiser l’Europe, relève la journaliste de Politico Maïa de La Baume. comme à Strasbourg, on appelle désormais Londres à trancher rapidement la question. « Nous devons avancer. Il y a bien d’autres sujets qui préoccupent les 27, ces tergiversations ne peuvent pas se poursuivre durant des mois ou des années, souffle un responsable européen, exaspéré. Peu de gens ici ont envie de voir le Royaume-Uni quitter l’UnionMais si c’est vraiment ce que les Britanniques veulent, il est temps de partir.

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