Publicités

Bernard Stiegler, penseur des mutations contemporaines, est mort à l’âge de 68 ans

Penseur engagé à gauche et philosophe au parcours hors norme, Bernard Stiegler est mort, jeudi, à l’âge de 68 ans, laissant derrière lui nombre d’essais et de réflexions nous invitant à repenser les mutations contemporaines. 

Philosophe critique du système capitaliste, Bernard Stiegler est mort, jeudi 6 août, à l’âge de 68 ans, a annoncé le Collège international de philosophie. Engagé à gauche, ce penseur qui prenait position contre les dérives libérales de la société, a axé sa réflexion sur les enjeux des mutations aussi bien sociales qu’économiques ou psychologiques, portées par le développement technologique. 

Il avait notamment analysé les risques que faisaient peser ces changements sur l’emploi traditionnel, prédisant sa disparition. Connu pour avoir créé le groupe de réflexion philosophique Ars industrialis, dans lequel il incite à renouveler notre façon de penser notre rapport à la technique et en particulier aux algorithmes, il était également à la tête, depuis 2006, de l’Institut de recherche et d’innovation au Centre Pompidou. 

Un parcours hors normes

Né à Villebon-sur-Yvette (dans l’Essonne) en 1952, Bernard Stiegler était également connu pour son parcours atypique. Il avait ainsi suivi à distance des études de philosophie en prison, où il était resté cinq ans après plusieurs braquages de banque à main armée. Soutenu par Jacques Derrida, cet ancien adhérent du PCF post-Mai-68 avait soutenu sa thèse à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales en 1993. 

 

Parmi ses nombreux essais, ce père de quatre enfants avait publié en janvier « Qu’appelle-t-on panser ? La Leçon de Greta Thunberg », dans lequel il s’interrogeait sur l’inaptitude des États et des entreprises à répondre aux demandes écologiques, en estimant que les sciences devaient être autonomes par rapport au capitalisme. Un éclairage qu’il avait par ailleurs défendu sur le plateau de France 24, en janvier 2020.

Il était aussi l’auteur de « L’Emploi est mort. Vive le travail ! », « États de choc : bêtise et savoir au XXIe siècle » et coauteur, avec Denis Kambouchner et Philippe Meirieu, de « L’École, le numérique et la société qui vient ». Le philosophe devait participer fin août à Arles à un nouveau festival sur la relation de l’homme à la nature, « Agir pour le vivant ».

Publicités

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Related Post

%d blogueurs aiment cette page :