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Au large de l’île Maurice, la mobilisation se poursuit pour empêcher la catastrophe écologique

Les équipes d’intervention ont redoublé d’efforts à l’île Maurice, lundi, pour empêcher une nouvelle fuite de pétrole, après l’échouage d’un vraquier sur un récif du sud-est de l’État de l’océan Indien.

Une course contre la montre pour éviter la catastrophe écologique. Les équipes d’intervention sur l’île Maurice se sont mobilisées, lundi 10 août, pour empêcher une nouvelle fuite d’hydrocarbures dans ses eaux paradisiaques, le bateau échoué avec encore près de 2 000 tonnes de carburant à bord menaçant à tout moment de se briser.

Le vraquier MV Wakashio, qui transportait 3 800 tonnes de fioul et 200 tonnes de diesel, a heurté le 25 juillet un récif à Pointe d’Esny. Une fissure dans la coque a entraîné une fuite d’hydrocarbures venus souiller les récifs coralliens, les lagons et les mangroves. Une catastrophe environnementale sans précédent pour cette île de l’océan Indien.

Située sur la côte sud-est de l’île, Pointe d’Esny est un joyau écologique connu pour ses sites de conservation classés internationalement, ses eaux turquoises et ses zones humides protégées. Plus de 1 000 des 4 000 tonnes de carburant transportées par le MV Wakashio se sont déjà déversées en mer, selon Akihiko Ono, le vice-président de la Mitsui OSK Lines, la société japonaise qui exploitait le navire.

 

Des hélicoptères ont acheminé, lundi, une partie du carburant pompé vers la côte, mais les efforts ont d’abord été entravés par la mer agitée et les vents forts. Les conditions météorologiques, qui rapprochaient de la côte la nappe d’hydrocarbures déversée par le vraquier, se sont toutefois améliorées, ce qui a permis à une barge d’approcher le navire, a annoncé le Premier ministre Pravind Jugnauth.

« Nous avons ainsi pu pomper 500 tonnes métriques. Ce qui fait qu’il reste encore 1 959 tonnes métriques de fioul dans le navire », a expliqué le Premier ministre en conférence de presse.

Des bouées ont été confectionnées à l’aide de feuilles de canne à sucre, de bouteilles en plastique et de cheveux que les habitants ont volontairement coupés pour tenter d’endiguer la marée noire.

« Les cheveux absorbent le pétrole, pas l’eau », a expliqué Tello, fondateur de l’agence d’écotourisme Mauritius Conscious, interrogé par Reuters.

Le vraquier MV Wakashio s'est échoué le 25 juillet, mais il a fallu attendre plusieurs jours avant que les autorités mauriciennes ne constatent que les tonnes d'hydrocarbures s'échappaient de sa coque.
Les nappes d'hydrocarbures qui s'écoulent de la coque fissurée du vraquier depuis le 25 juillet menacent les récifs coralliens et les plages idylliques de sable blanc qui ont fait de l'île Maurice une perle du tourisme vert.
Pravind Kumar Jugnauth, le Premier ministre mauricien, a annoncé samedi sur Twitter avoir demandé l'aide de la France : "Notre pays n’a pas les compétences et l’expertise pour le renflouage des navires échoués", a-t-il écrit. Emmanuel Macron a mobilisé des moyens présents sur l'île de la Réunion, distante de 200 km environ. "Lorsque la biodiversité est en péril, il y a urgence d'agir. La France est là. Aux côtés du peuple mauricien."
Dès samedi, un avion tactique de transport militaire a acheminé du matériel de lutte contre la pollution depuis La Réunion, fournissant aux Mauriciens des barrages côtiers ainsi que plusieurs types de récupérateurs, et des barrages absorbants et hauturiers. Dès dimanche, on pouvait voir les barrages déployés sur la côte.
Dans l'attente d'une intervention de la police, qui doit aborder dimanche le navire échoué afin d’étudier le meilleur moyen de l’évacuer, des équipes de nettoyage ont été déployées sur la côte pour la protéger du carburant.
Sur la côte, des dizaines de volontaires, comme cet homme, se sont efforcés de récupérer des nappes de fioul avec des moyens de fortune et de dresser des barrages flottants, tandis que d’autres, sur le rivage, tressaient des barrières en chanvre et en tissu afin de circonscrire la nappe de carburant qui s'échappe du navire.
Le vraquier MV Wakashio s’est échoué le 25 juillet, mais il a fallu attendre plusieurs jours avant que les autorités mauriciennes ne constatent que les tonnes d’hydrocarbures s’échappaient de sa coque.

« Le vraquier n’a pas beaucoup de temps devant lui »

Les autorités ont reconnu que le bateau risquait de se briser. « Nous sommes à un état avancé du processus de fracturation. Le vraquier n’a pas beaucoup de temps devant lui », a déclaré un scientifique participant aux secours, sous couvert d’anonymat. Des plongeurs ont repéré de nouvelles fissures dans la coque du bateau et de sourds craquements étaient entendus depuis la côte, où une importante opération de nettoyage était en cours.

Près de 3,6 kilomètres de barrages flottants en chanvre et en tissu ont été tressés, en grande partie par des milliers de volontaires, pour essayer de circonscrire la nappe.

Le Japon a dépêché lundi une équipe de six membres, dont des garde-côtes, pour aider les autorités mauriciennes. La France a envoyé plus de 20 tonnes de matériel, dont 1 300 mètres de barrages flottants, du matériel de pompage et des protection, ainsi qu’une dizaine d’experts par avion et bateau depuis la Réunion. À environ 200 kilomètres, l’île française n’est pas menacée, a précisé le gouvernement français.

Un porte-parole de Mitsui OSK Lines a également indiqué que la compagnie allait envoyer, mardi, une équipe d’experts, aussitôt qu’ils auront été testés négatifs au Covid-19.

De « profondes excuses »                  

La société japonaise Nagashiki Shipping, propriétaire du bateau, a présenté lundi ses « profondes excuses au peuple mauricien » dans un communiqué et s’est engagée à faire son « maximum pour protéger l’environnement et atténuer les effets de la pollution ».

La police devait interroger le capitaine et l’équipage du MV Wakashio. Elle a saisi, dimanche, les rapports de navigation et les enregistrements des communications du bateau. La pression monte sur le gouvernement de Pravind Jugnauth pour qu’il explique pourquoi rien ne semble avoir été fait entre le moment où le bateau s’est échoué et celui où la fuite a été constatée.

Cette marée noire est un coup dur pour le tourisme mauricien, déjà fortement affecté par la pandémie de nouveau coronavirus. L’île n’a de cas actifs de Covid-19 et n’a plus connu de nouvelle infection depuis plusieurs semaines, mais ses frontières restent fermées.

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