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AFRIQUE-Tunisie : Hichem Mechichi, nouveau chef du gouvernement

Le Président tunisien Kaïs Saeid a nommé son ministre de l’Intérieur, Hichem Mechichi, à la tête du gouvernement.

Le Président tunisien Kaïs Saeid a nommé son ministre de l’Intérieur, Hichem Mechichi, à la tête du gouvernement.
Il a désormais un mois pour composer son cabinet et le présenter devant le Parlement pour obtenir sa confiance.

Après l’annonce de la démission de Fakhfakh, le Président a entamé dans les jours qui ont suivi des consultations pour trouver un successeur et mettre fin ainsi à une crise politique latente. Selon la Constitution, le Président de la République avait jusqu’au 25 juillet minuit pour annoncer son choix concernant le prochain chef de l’exécutif. Ce dernier disposera, à son tour, d’un délai d’un mois pour composer son gouvernement et le présenter devant le Parlement afin d’obtenir le vote de confiance, comme le précise l’article 89 de la Constitution tunisienne. La formation de la nouvelle équipe gouvernementale intervient dans un contexte politique tendu. Juriste de formation, Hichem Mechichi, 46 ans, n’a pas été proposé par les partis politiques au pouvoir et il devra faire preuve de beaucoup de subtilité politique pour convaincre une Assemblée peu encline à dérouler le tapis rouge sous les pieds du successeur de M. Fakhfakh. Cela est d’autant plus plausible que le nouveau Premier ministre demeure le choix du Président Saïed qui a ainsi préféré trancher dans le vif. Un message fort destiné aux blocs parlementaires, particulièrement à l’alliance hétéroclite Ennahdha-Qalb Tounes, dont les noms des deux candidats proposés sont passés à la trappe. Pour les observateurs, le choix du nouveau chef de l’exécutif épargne aussi au Président de faire usage d’un atout majeur, celui de la dissolution du Parlement. Un couperet qu’il n’hésitera pas à utiliser, d’autant que les blocs actuels ont beaucoup à perdre à de nouvelles élections.Un récent sondage a montré une nette percée du parti destourien d’Abir Moussa, bête noire des islamistes d’Ennahdha. Prise à son propre jeu, si la majorité absolue de députés ne vote pas la confiance au gouvernement dans les délais, l’Assemblée peut être dissoute. La Tunisie, qui a organisé ses dernières élections en octobre 2019, aurait alors 90 jours pour organiser un scrutin anticipé, soit fin 2020. Ces frictions politiques risquent d’exacerber des tensions sociales déjà élevées et fragiliser la situation sécuritaire à un moment où le conflit en Libye voisine tend à s’internationaliser.

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