Publicités

Affrontements entre manifestants et policiers dans plusieurs villes américaines

Les manifestations contre le racisme et les brutalités policières, déclenchées par la mort de George Floyd, se poursuivent alors que Donald Trump mène campagne pour sa réélection sous le thème « la loi et l’ordre ».

 

Des manifestants allument des feux d’artifice à Oakland (Californie) lors d’une manifestation contre le racisme et les brutalités policières, samedi 25 juillet.

La police a eu recours aux grenades éblouissantes, au gaz lacrymogène et au gaz au poivre contre les manifestants qui ont défilé dans plusieurs villes des Etats-Unis, samedi 26 juillet, contre le racisme, mais aussi contre le déploiement d’agents fédéraux ordonné par le président Donald Trump.

Les manifestations contre le racisme et les brutalités policières – déclenchées par la mort, fin mai, à Minneapolis, de l’Afro-Américain George Floyd – se poursuivent alors que Donald Trump fait face à une bataille de plus en plus difficile pour sa réélection et mène campagne sous le thème « la loi et l’ordre ».

Les manifestants ont défilé à Austin, dans le Texas, comme à Louisville, dans le Kentucky, à New York, Omaha, Oakland et Los Angeles, en Californie, ainsi qu’à Richmond, en Virginie, où la police anti-émeutes a lancé des agents chimiques sur une marche du mouvement Black Lives Matter, selon des médias américains.

« Les fédéraux, dehors maintenant »

Des agents des forces de l’ordre armés lors d’un manifestation « Black Lives Matter » près du quartier général de la police de Seattle Est, à Seattle, samedi 25 juillet. A Seattle, dans l’Etat de Washington (nord-ouest), la nuit de samedi à dimanche a été particulièrement mouvementée. Le bruit des détonations a résonné dans certaines rues, et de la fumée s’élevait d’un secteur où des manifestants ont mis le feu à des remorques sur un site de construction d’un centre de détention pour mineurs, selon l’Agence France-Presse (AFP). Certains des manifestants ont tenté de se protéger du gaz au poivre avec des parapluies. La police de Seattle a annoncé que 45 personnes avaient été arrêtées pendant ces « émeutes », rapporte le Seattle Times.

En parallèle, des heurts entre manifestants et policiers ont de nouveau marqué la nuit de vendredi à samedi dans la ville de Portland, dans l’Oregon (nord-ouest), théâtre depuis près de deux mois de ces rassemblements. Des manifestants ont tenté de mettre à terre une barrière devant le tribunal fédéral, a constaté l’AFP dans cette ville, épicentre de la protestation. Les forces de l’ordre ont là aussi répliqué avec d’abondants tirs de gaz lacrymogène et dispersé la foule.

Le mouvement s’est amplifié à Portland lorsque des policiers fédéraux sont arrivés mi-juillet. Daniel Douglas, un informaticien de 31 ans, portait un sac à dos avec l’inscription « les fédéraux dehors maintenant »« On ne veut pas que des fédéraux venus de l’extérieur de notre ville occupent notre ville et terrorisent nos communautés », a-t-il expliqué.

Dans de nombreuses vidéos publiées sur les réseaux sociaux, on voit ces agents, en tenue paramilitaire et sans badge visible d’identification, utiliser des véhicules banalisés pour interpeller des manifestants, attisant les braises de la contestation. Une enquête officielle a été ouverte jeudi par le ministère de la justice sur l’action très controversée de policiers fédéraux sur place.


« Usage disproportionné de la force »

L’ONU a mis en garde contre un « usage disproportionné » de la force contre les manifestants antiracistes. « Les manifestations pacifiques qui se sont déroulées dans les villes aux Etats-Unis, comme à Portland, doivent pouvoir se poursuivre », a déclaré, vendredi, la porte-parole du Haut Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, Elizabeth Throssel. Manifestants et journalistes couvrant la manifestation doivent pouvoir le faire sans risquer « des arrestations arbitraires ou la détention, ni être soumis à un usage disproportionné de la force ».

Le maire de Portland lui-même, Ted Wheeler, a parlé d’une « réaction disproportionnée » des agents fédéraux, après avoir été aspergé de gaz lacrymogène mercredi soir alors qu’il allait à la rencontre des manifestants. « Je n’ai rien vu qui justifie » cette utilisation de gaz lacrymogène.

Mais le président Trump a annoncé mercredi renforcer les effectifs des agents fédéraux à Chicago et dans d’autres villes pour protéger les bâtiments fédéraux et, plus globalement, pour « rétablir l’ordre ».

Les maires démocrates de Portland, Seattle, Chicago, Atlanta, Kansas City et Washington ont envoyé une lettre au ministre de la justice pour s’opposer à ce « déploiement unilatéral » de forces fédérales. « En aucun cas, je ne laisserai les soldats de Donald Trump venir à Chicago et terroriser nos habitants », a tweeté la maire de la ville, Lori Lightfoot.

Publicités

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Related Post

%d blogueurs aiment cette page :