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Affaire des écoutes : Nicolas Sarkozy dénonce les « infamies » qui le poursuivent depuis six ans

  • Le procès de Nicolas Sarkozy dans l’affaire dite « Paul Bismuth » a véritablement commencé, ce lundi, au tribunal judiciaire de Paris.
  • L’ancien chef de l’Etat est soupçonné d’avoir noué un pacte de corruption avec le magistrat Gilbert Azibert. Selon l’accusation, il aurait bénéficié d’informations sur la procédure « Bettencourt » en échange d’un coup de pouce pour lui obtenir un poste prestigieux à Monaco.
  • Nicolas Sarkozy a toujours nié les faits reprochés. Il encourt une peine de dix ans de prison et 1 million d’euros d’amende

Au tribunal judiciaire de Paris,

Il n’a pas pu s’en empêcher… « Monsieur Nicolas Sarkozy, vous êtes renvoyé devant ce tribunal pour avoir… » Christine Mée, la présidente de la 32e chambre, n’a pas vraiment eu le temps de lister toutes les infractions reprochées que l’ancien président de la République a tenu à répondre alors qu’il venait d’être appelé à la barre. « Je n’ai pas l’intention de faire des commentaires, attaque-t-il en faisant pourtant précisément le contraire. Mais je ne reconnais aucune de ces infamies avec lesquelles on me poursuit depuis six ans… »

Après un faux départ la semaine passée, le procès de l’affaire « des écoutes de Paul Bismuth » a véritablement débuté, ce lundi après-midi. Dans ce dossier, Nicolas Sarkozy est accusé de « corruption active » et de « trafic d’influence ». Il est soupçonné d’avoir noué un pacte avec le magistrat Gilbert Azibert. A savoir, des informations sur « la procédure Bettencourt » contre un « coup de pouce » pour lui obtenir un poste prestigieux à Monaco.

« Je ne veux pas qu’on m’écoute », tonne Hervé Témime

L’accusation est lourde. Elle repose quasi exclusivement sur les écoutes réalisées sur la ligne secrète – ouverte au nom de « Paul Bismuth » – entre Nicolas Sarkozy et son ancien avocat Thierry Herzog, qui partage avec lui le banc des prévenus. Et, pour les avocats de la défense, c’est évidemment là que le bât blesse.

Comme ils l’ont fait à travers de nombreux recours ces dernières années, ils ont passé l’après-midi à dénoncer les « graves et nombreuses dérives », les « invraisemblances » et les « dévoiements » émaillant, selon eux, le dossier. Et ont demandé ni plus ni moins l’abandon de toutes les poursuites. Autrement dit, l’annulation du procès.

Et c’est sans doute Hervé Témime, l’avocat de Thierry Herzog, qui a le plus brutalement résumé leur pensée en fin de journée. « Je ne veux pas qu’on m’écoute. Je ne veux pas que vous sachiez ce que je dis à une personne quelconque », a-t-il tonné, rappelant que les conversations entre un avocat et ses clients sont normalement « protégées ».

La recherche de la taupe de Sarkozy…

Car les conversations captées sont accablantes pour l’ancien chef de l’État, qui a toujours nié les faits. « Moi, je le fais monter. » « Je l’aiderai… », l’entend-on dire sur la ligne secrète au sujet de Gilbert Azibert. Autrement dit, pour l’accusation : si le magistrat donne des informations, il aura de l’aide pour obtenir le poste à Monaco.

Tout cela pourrait être simple s’il n’y avait pas, en plus, une affaire dans l’affaire. Les magistrats du parquet national financier sont en effet convaincus que Nicolas Sarkozy a été informé que sa ligne secrète « Bismuth » a été placée sur écoute au beau milieu de l’affaire. Et que c’est justement pour cette raison qu’il a finalement renoncé à aider Gilbert Azibert à obtenir le poste qu’il convoitait.

Discrètement, ils ont donc épluché les factures détaillées d’une grosse dizaine d’avocats afin de savoir qui aurait pu être « la taupe ». Certains ont même été géolocalisés, dans le cadre d’une enquête dans l’enquête dont la défense n’a jamais été avisée… Et sans jamais parvenir à identifier la putative taupe. « Le parquet s’est démené pendant six ans. Et, au final, on apprend qu’il n’a rien trouvé », s’est désolée Jacqueline Laffont, l’avocate de Nicolas Sarkozy, pour dénoncer la manœuvre. De quoi faire dire à Paul-Albert Iweins, 45 ans de barre au compteur : « On nous a pris pour des imbéciles et ce n’est jamais très agréable… »

Mais le boulot des magistrats n’est pas d’être « agréable » mais, si les faits sont établis, de trouver des « coupables ». Lundi soir, le tribunal devait donc délibérer sur cette demande d’abandon des poursuites. En cas de refus, le procès reprendra normalement mardi à 13h30 et entrera dans le vif du sujet avec l’audition du premier témoin. Dans cette affaire, Nicolas Sarkozy encourt une peine de dix ans de prison et une amende de 1 million d’euros.

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