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À Yamoussoukro, les guides religieux appellent à la paix et la cohésion sociale après les violences électorales

Le vicaire général du diocèse de Yamoussoukro (Côte d’Ivoire) et le secrétaire de la section Yamoussoukro du conseil supérieur des imams des mosquées et des affaires islamiques (Cosim), ont lancé, mercredi 4 novembre, des appels à la paix et la cohésion sociale. Entre le 30 octobre et le 1er novembre, des manifestations et affrontements violents ont été enregistrés dans plusieurs quartiers de la capitale.

La vie reprend progressivement son cours normal à Yamoussoukro, la capitale politique de la Côte d’Ivoire, après les violences pré et post-électorales qui ont fait d’importants dégâts matériels et humains.

« Nous avons pu quitter la ville le 3 novembre en car pour Abidjan. Nous avons passé des jours difficiles dans une atmosphère d’affrontements et de destructions de biens », confie Pascaline Falé contrainte de rester des jours de plus dans la capitale ivoirienne où elle était au chevet de sa mère souffrante. « On a eu très peur car il y avait de folles rumeurs d’attaques. Des gens surexcités brûlaient tout et tenaient des armes blanches. Je n’avais jamais vu autant de violence dans cette ville qui m’a vu grandir ».

Entre le 30 octobre et le 1er novembre, la ville de Yamoussoukro a été fortement secouée par les manifestations violentes en lien avec la tenue de la présidentielle du 31 octobre. Des jeunes qui avaient barricadé les entrées de certains quartiers de la ville et détruit le matériel électoral ont affronté, par endroits, les forces de l’ordre venues les déloger et sécuriser le scrutin. Pour ramener le calme, le préfet à instaurer un couvre-feu du 31 octobre au 2 novembre.

Face à ces violences et alors que les activités reprennent dans la ville, les guides religieux, chrétiens et musulmans veulent accompagner les efforts de paix et de cohésion sociale qui ont favorisé le retour au calme.

Éviter un conflit intercommunautaire

Le 4 novembre le père Hervé Djezou, le vicaire général du diocèse de Yamoussoukro, et l’imam Issouf Sylla, secrétaire de la section Yamoussoukro du conseil supérieur des imams des mosquées et des affaires islamiques (Cosim), ont lancé des messages aux populations sur les ondes de « Radio Maria Yamoussoukro », la radio catholique locale.

Dans un communiqué lu par l’imam Sylla, le Cosim « demande à toute la population de Yamoussoukro de se calmer et de ne pas céder à la provocation car la religion nous demande de pratiquer la paix et la cohésion sociale et de promouvoir la paix, la collaboration et l’apaisement par la bonne parole». L’organisation musulmane demande en particulier « à la jeunesse de Yamoussoukro de se méfier des rumeurs qui circulent au niveau de la situation sociopolitique voulant créer un conflit intercommunautaire ».

Taire les désirs de vengeance

Au nom de Dieu le père de toute miséricorde, a appelé pour sa part le père Hervé Djezou, « je vous invite frères et sœurs à accueillir la Parole de Dieu qui nous dit heureux les artisans de paix, ils seront appelés Fils de Dieu ». Le vicaire général de Yamoussoukro invite les populations « à taire toutes les dissensions, les querelles, les désirs de vengeance et à privilégier la cohésion sociale, la sécurité de nos populations. »

Jeudi 5 novembre, des jeunes et les forces de sécurité ont démarré le nettoyage des rues de la ville de Yamoussoukro. Cette activité dénommée « opération coup de balai » vise à débarrasser la capitale ivoirienne des détritus et tourner la page des jours de violences.

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