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A Bordeaux, les commerçants du centre-ville réclament des « zones commerciales protégées »

Les professionnels installés dans le centre de la capitale girondine sont fatigués des affrontements entre casseurs et forces de l’ordre.

Dans les rues piétonnes de Bordeaux, la colère gronde. Les commerçants attendaient, impatients, la reprise de leur activité après un deuxième confinement de près d’un mois qui a fragilisé leur situation financière, déjà bien dégradée par la crise sanitaire qui dure depuis mars. Mais le samedi 28 novembre, premier jour officiel de réouverture de leurs boutiques, a été aussi celui de la « marche des libertés », la manifestation contre le projet de loi « sécurité globale » du gouvernement, marquée, à Bordeaux comme à Paris, par des affrontements entre forces de l’ordre et casseurs. 

« Atterrés », « découragés », « écœurés », tels sont les mots qui résonnent, depuis, chez les professionnels du centre-ville bordelais, où les vitrines brisées des Galeries Lafayette, du McDonald’s ou du magasin H&M ont laissé place à des plaques en bois temporaires. Pour soutenir les commerçants, l’association Commerçants et artisans des métropoles de France, qui regroupe les associations de commerçants de 18 métropoles, a proposé la création de « zones commerciales protégées ». « C’est une zone dans laquelle il serait interdit de manifester, sauf après demande puis concertation et validation des commerçants et de la mairie », explique son président, Christian Baulme, lui-même à la tête de l’association bordelaise « La Ronde des quartiers ».

Les commerçants bordelais demandent également que les manifestations aient lieu désormais en dehors des mercredis et samedis, jours d’affluence dans le centre-ville, propices aux achats de Noël à quelques semaines des fêtes. Mais la réponse de la préfecture de Nouvelle-Aquitaine est formelle : « Le Conseil d’Etat nous a rappelé que la volonté de manifester est un droit incontestable, même en période de Covid », a expliqué la préfète Fabienne Buccio lors d’une conférence de presse montée à la hâte, lundi 30 novembre.

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